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Annabelle Attanasio : “Cette histoire est très personnelle mais pas autobiographique”

Flora Rosset 29 avril 2020
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© Ruby Rose

Rencontre avec la talentueuse Annabelle Attanasio, écrivaine et réalisatrice qui vit actuellement à Brooklyn, aux États-Unis. Son premier long métrage, Mickey and the bear, sélectionné au Festival de Cannes 2019 (sélection ACID) raconte la quête de la liberté d’une adolescente en perte de repères.

Dans Mickey and the bear, vous faites le portrait d’une adolescente du Montana qui a la lourde responsabilité de s’occuper de son père, un vétéran accro aux opiacés. Quand et comment avez-vous imaginé cette histoire ?

J’ai imaginé cette histoire il y a environ six ans. Je voulais aborder les thèmes de la relation entre les membres d’une même famille, ainsi que les effets du stress post-traumatique sur la vie des vétérans et leurs familles. C’est l’histoire de Mickey, qui ne rêve que de partir, et de son père Hank, veuf et traumatisé de la guerre.

Y a-t-il des similitudes entre votre adolescence et celle de Mickey Peck ?

Je dis toujours que cette histoire est très personnelle, mais pas autobiographique. Je voulais utiliser certains de mes sentiments et mes expériences de la vie réelle, afin de les dramatiser, pour qu’ils deviennent plus universels et que le film puisse parler à beaucoup de gens.

Pourquoi avez-vous choisi cette esthétique qui se rapproche de celle des années 1970 ?

William Eggleston et Stephen Shore sont deux de mes photographes américains préférés, et je voulais leur rendre hommage. Ils m’ont inspiré la palette de couleurs chaudes et plus vibrantes des années 1970, ainsi que le format panoramique (rapport 1:66).

De plus, la ville d’Anaconda (où le film a été tourné) semble résumer de nombreuses époques différentes de la culture américaine. Bien que je raconte une histoire contemporaine, je voulais que le visuel reflète non seulement l’atmosphère de la ville, mais aussi une certaine intemporalité.

Pourquoi avez-vous choisi ces deux acteurs ? Qu’est-ce qui vous a plu chez eux ?

Camila Morrone et James Badge Dale ont, chacun, une belle présence. Ils sont instinctifs, comme si tout pouvait leur arriver. Ils sont toujours ancrés et dans l’instant présent.

Quelles sont vos références cinématographiques ?

Mes inspirations ne cessent de croître. En ce moment, je suis obsédée par Céline Sciamma et tous ses films. L’année dernière, elle a donné une conférence à la British Academy Film and Television Arts, sur la façon dont elle utilise le désir pour diriger son processus de scénarisation. J’ai vraiment été séduite par son approche.

Quels sont vos projets ?

Je prépare actuellement mon deuxième long métrage et j’en suis très excitée.

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Flora Rosset

À lire également sur Artistik Rezo : De La Cravate à Dark Waters : 4 films à voir en février 2020 par Lucile Bellan

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